A propos


3 Activités :

HEY! Commissariat d’Exposition (institutions publiques et privées) HEY! Développement - Accompagnement d’Artistes HEY! Édition (HEY! Publishing, maison d’édition indépendante)

Historique

Il me semble aujourd’hui utile de revenir sur le chemin parcouru, à une époque pas si lointaine de l’avant HEY!, quand en France au sein d’un système établi de l’art conventionnel dominant restait inexplorée la force de conviction et de renouvellement des arts dits alternatifs, par méconnaissance, désintérêt et/ou dénigrement – en fonction de l’indexation qu’on se faisait d’eux. La sortie en librairie du premier numéro de la revue sonna l’heure d’un incontestable changement de paradigme, et l’exposition HEY! - Part I en 2011 au musée de la Halle Saint Pierre offrit un spectacle totalement inattendu pour la majorité des visiteurs, de la presse et du monde de l’art. Il s’agissait de la vision coordonnée de plus de soixante artistes fondateurs et/ou acteurs de communautés souterraines n’ayant jamais été invoqués dans cette transversalité mondiale de styles et d’époques. Dans ce flux propositionnel, nombre d’observateurs ont découvert avec stupeur l’exigence d’œuvres ne pouvant pas satisfaire des présupposés, ni être réduites à leurs sources d’inspirations résolument populaires – sur ce champ, ce qu’a subi la création de Robert Williams dans les années 1970 reste exemplaire pour moi : comment oublier ces critiques d’art américains qui, si fièrement, résumèrent son inexpugnable peinture à « de l’art bas-du-front » ? HEY! consacra quatre volets d’expositions à ce dévoilement frondeur (2011, 2013, 2015, 2019). Ces années furent employées à échanger sur les origines d’une culture pop historique et cohérente, sur sa virulence en matière de critique sociétale et son sens de la diversion, sur sa détestation des effets corrupteurs de l’industrie et de l’esprit majoritaire, sur ses artistes pionniers francs-tireurs et leur création dissonante. Soutenu par la Halle Saint Pierre dès le lancement de la revue en mars 2010, cet élan inédit en France a permis la découverte de très nombreux artistes. Entamé depuis les années 1980 par un petit groupe d’activistes indépendants dont je suis, ce travail de fond, qui comprend l’exposition Tatoueurs, Tatoués au musée du quai Branly en tant que marqueur, a débridé le sujet de « l’alternatif » et contribué à une transformation de sa perception en institution. Des vestiges d’un tatouage de prison « une pensée à ma mère » sur une peau usée aux mutations de l’iconographie issue de la bande dessinée, du dessin animé, du graffiti, du jouet, du poster rock (…), je continue d’examiner l’articulation vivante des discours et des positionnements dans l’évolution des arts qui m’intéressent, devant l’état prédictif d’un espace artistique en adaptation. Bien sûr, il se détache maintenant de nouveaux horizons, les mécanismes d’opérativité de l’IA en épée de Damoclès. Mais aujourd’hui encore, rien ne vient altérer la dynamique inaugurée par HEY!, quand continue de s’y agréger une communauté internationale d’artistes œuvrant à l’existence d’une scène artistique différente. Anne Richard, fondatrice et commissaire des expositions de HEY! modern art & pop culture